Dernière mise à jour le : 27/06/2008 à 22h07

Max Havelaar est une association à but non lucratif né en 1988 qui délivre un label aux produits répondant aux standards internationaux du commerce équitable.
Permettre aux producteurs et aux travailleurs défavorisés du Sud de vivre dignement de leur travail en instaurant des règles commerciales plus justes.
Café, thé, chocolat, bananes... De nombreux produits de consommation courante sont importés des pays du Sud. L'organisation des échanges mondiaux (cours fluctuants, pression des intermédiaires...)pénalise les petits producteurs et les travailleurs qui les cultivent, et leur permet à peine de survivre.
Pourtant, un geste simple peut contribuer à ce qu'ils soient rémunérés décemment pour leur travail : choisir des produits portant le label Max Havelaar.
Le commerce équitable est un partenariat commercial, basé sur le dialogue, la transparence et le respect, qui vise plus d'équité dans le commerce international. Le commerce équitable contribue au développement durable en proposant de meilleures conditions commerciales aux producteurs marginalisés, spécialement dans le Sud, et en sécurisant leurs droits.
Cette définition et ces objectifs ont été établis par le mouvement international du commerce équitable, représenté par FINE.
Ces deux dernières décennies, les échanges commerciaux internationaux se sont multipliés aux dépens des pays du Sud, creusant les inégalités entre les hommes et menaçant l'équilibre planétaire.
Des millions d'ouvriers et de petits cultivateurs ne jouissent pas des droits fondamentaux tels que les moyens de nourrir leur famille, d'envoyer leurs enfants à l'école et d'investir, ne serait-ce que très modestement, dans un avenir durable. Les avantages du commerce international ne sont en effet pas évidents pour tous. L'accès au marché et l'information sur les prix restent difficilement accessible aux petits cultivateurs, ce qui les rend toujours plus dépendants des intermédiaires. Et lorsque l'année est mauvaise, ils sont nombreux à ne pouvoir vivre de leur travail.
Les ouvriers agricoles des plantations sont logés à la même enseigne. Eux non plus ne bénéficient pas nécessairement des avantages du commerce international. Ils touchent un salaire dérisoire, travaillent sans sécurité et vivent dans des conditions difficiles. Souvent, ils sont privés de la liberté d'affiliation à un syndicat, de sorte qu'ils ne peuvent défendre leurs droits. Ils n'ont donc aucune chance de pouvoir participer aux décisions qui influencent leur vie sur la plantation.
Le commerce équitable est aujourd'hui l'objet de beaucoup d'attention compte tenu de son potentiel de développement dans notre économie mondialisée. Ce n'est pas pour autant un concept nouveau.
Le commerce équitable existe depuis 40 ans. Appelé au départ " commerce alternatif ", il a été progressivement mis en place par des ONG dans les années 60 en Grande-Bretagne (Oxfam) et aux Pays-Bas sous forme de boutiques spécialisées. Rapidement, ce concept s'est étendu en Europe et en Amérique du Nord. En France, il est représenté par Artisans du Monde.
Ces boutiques spécialisées, " alternatives " au commerce traditionnel, proposent des produits alimentaires et artisanaux provenant des pays du Sud. Elles appuient d'une façon significative les organisations de producteurs et d'artisans en leur ouvrant des marchés et en payant les produits à un prix équitable. Ces boutiques sont également l'occasion d'informer le public sur la réalité de vie des producteurs du Sud et les enjeux des relations Nord-Sud.
En 1986, une communauté dans le Chiapas au Mexique est aidée par une ONG hollandaise de développement Solidaridad.
Sans remettre la cause le travail de cette ONG, les membres de cette communauté qui sont producteurs de café, interpelle les représentants de Solidaridad :
"Evidemment, recevoir chaque année vos dons pour acheter un camion ou construire une petite école pour que la pauvreté soit plus supportable, c'est bien. Mais le véritable soutien serait de recevoir un prix plus juste pour notre café."
Cet appel est alors relayé aux Pays Bas.L'association Max Havelaar et le label du commerce équitable naissent en 1988. Le premier café portant le label Max Havelaar vendu en Europe est issu de cette communauté (la coopérative UCIRI), importé par l'entreprise Van Weely et transformé par le torréfacteur Neuteboom.
Le label s'étend ensuite à d'autres organisations de producteurs et d'autres produits que le café : progressivement, le thé, le chocolat, la banane, le jus d'orange, le riz, le sucre, le miel portant le label Max Havelaar font leur apparition dans les rayons, permettant à toujours plus de producteurs du Sud de mieux vivre.
Parallèlement, trois systèmes de certification du commerce équitable coexistent (Max Havelaar, Fairtrade et Transfair) et sont présents dans 17 pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Etats-Unis, Finlande, France, Grande Bretagne, Italie, Irlande, Japon, Luxembourg, Norvège, Pays Bas, Suède, Suisse.
En 1997, les trois systèmes fusionnent afin d'éviter la confusion auprès des consommateurs et de permettre une plus grande cohérence et efficacité dans l'action menée. Ils donnent naissance à FLO International (Fairtrade Labelling Organisations International) qui devient le seul organisme international de certification du commerce équitable.
FLO/Max Havelaar accompagne aujourd'hui environ 800 000 producteurs de café, de thé, de bananes, de cacao, de miel, de sucre, de jus d'orange, de riz, de mangues, de jus d'ananas, et de jus de pamplemousse dans plus de 41 pays du Sud.
Pour vous, qualité
Pour eux, dignité
Pour tous, équilibre
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, 1948, Article 23, alinéa 3
Max Havelaar n'achète ni ne vend de produits équitables : il s'agit d'une organisation indépendante qui gère le label du commerce équitable.
Max Havelaar est une association à but non lucratif, soutenue principalement par le Ministère des Affaires Etrangères et la Commission européenne.
La démarche de Max Havelaar est basée sur un partenariat avec les producteurs du Sud inscrit dans le respect, la confiance et la durée. Le Nord ne vient pas imposer des solutions au Sud. Il s'agit de donner aux producteurs du Sud les moyens de s'engager eux-même dans une dynamique de développement.
Le changement proposé par le commerce équitable ne passe ni par la charité, ni par une aide financière, mais par une organisation différente des échanges commerciaux mondiaux.
Devenir un consommateur responsable, c'est ne pas simplement acheter en fonction du prix ou des caractéristiques propres du produit mais aussi en intégrant des critères humains et environnementaux.
Afin de pouvoir donner cette garantie, Max Havelaar contrôle la filière de commercialisation, du producteur au consommateur. Tous les acteurs des filières - organisations de producteurs, importateurs, industriels ou consommateurs - ont leur rôle à jouer.
Ensemble, ils oeuvrent pour un développement durable dans les pays du Sud. Aujourd'hui, plus de 800.000 travailleurs et familles de producteurs sont concernés par le commerce équitable.
Sous le pseudonyme de Multatuli ("J'ai beaucoup souffert" en latin), Edouard DOUWES DEKKER a forgé le héros Max Havelaar en 1860. Coup de gueule retentissant aux Pays Bas, ce roman est le premier à dénoncer un système commercial injuste qui accable 30 millions de Javanais (colonie néerlandaise à l'époque). C'est à travers Max Havelaar que DOUWES DEKKER raconte les combats d'un Robin des Bois qui lutte contre l'oppression des paysans d'Indonésie.
(Editions Actes Sud, collection Babel, 439 pages)
" Le plus grand défi n'est pas seulement dans les institutions, il est d'abord dans les esprits. Prendre soin de l'environnement, faire en sorte que les pauvres puissent dire leur mot dans les décisions qui les touchent, promouvoir la démocratie et le commerce équitable : tout cela est nécessaire pour concrétiser les bienfaits potentiels de la mondialisation."
Joseph E. Stiglitz, Prix Nobel d'économie, La grande désillusion, page 281
1992 : naissance de l'association Max Havelaar France à l'initiative de 3 associations : ISF(Ingénieurs Sans Frontières), Peuples Solidaires et CICDA (Centre International de Coopération pour le Développement Agricole).
1993-1996 : Max Havelaar apparaît d'abord en Bretagne dans quelques magasins de proximité. Grâce à la mobilisation de centaines de bénévoles, l'action essaime vers d'autres régions.
1997 : création de la plate-forme du commerce équitable à l'initiative de Max Havelaar France. Elle regroupe l'ensemble des acteurs du commerce équitable.
1998 : La campagne "Exigez des produits éthiques" lancée en 1998 en partenariat avec Agir Ici et le CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement), a permis de sensibiliser le grand public aux enjeux du commerce équitable et d'introduire les produits portant le label Max Havelaar dans la grande distribution. Grâce à une mobilisation maximale, le commerce équitable a fait un pas de géant dans les consciences hexagonales.
1999 : De nouveaux torréfacteurs s'engagent aux côtés de Max Havelaar. Les cafés portant le label Max Havelaar font une entrée remarquable dans les supermarchés : le nombre de points de vente est multiplié par 5 en quelques mois.
2000 : La plupart des grandes enseignes de la distribution proposent au moins un café portant le label Max Havelaar, ce qui représente environ 3500 points de vente.
2001 : Le thé et la banane équitables font leur entrée dans l'hexagone.
2002 : Le cacao, le jus d'orange, le riz et le sucre font à leur tour leur apparition dans les rayons.
2003 : Une filière en provenance du Ghana apporte les premiers ananas équitables.
2004 : C'est le tour de la mangue, en provenance du Burkina-Faso.
2005 : Max Havelaar France sort du secteur alimentaire en mettant en place le premier coton certifié équitable en tant que matière première.
2006 : Le Parlement européen adopte une résolution en faveur du commerce équitable. Le beurre de karité fait son entrée sur le marché français, ouvrant la voie pour des cosmétiques équitables. La fédération FLO achève la réforme de ses statuts et pour intégrer les fédérations continentales de producteurs certifiés comme membres à part entière. La notoriété du commerce équitable dépasse les 80 %.
2007 : La fédération FLO engage une très large concertation pour redéfinir sa stratégie. Producteurs, acteurs économiques, ONG et experts du Sud et du Nord sont consultés. Les noix et graines arrivent sur le marché : arachide, sésame, noix de cajou, noix d’Amazonie.