Dernière mise à jour le : 27/06/2008 à 22h07

L'association DABA est née en 1997 à l'initiative d'une dizaine de jeunes français, aujourd'hui étudiants en fin de cursus ou jeunes profesionnels, pour certains dans le secteur de la solidarité internationale.
Elle intervient au Burkina Faso.
Depuis 1999, DABA a mis en place avec ses partenaires locaux deux programmes pluriannuels :
Le travail de DABA est basé sur le principe du soutien aux initiatives locales portées par les communautés, dans une logique de forte responsabilité de celles-ci.
DABA tente de ne pas suivre une logique d'offre dirigée du Nord vers le Sud. Elle cherche à servir les intérêts de communautés qui les définissent eux-mêmes au lieu de subir les "modes" du Nord en terme de coopération au développement. Son appui se situe donc essentiellement au niveau des méthodes d'identification, de conduite et de gestion de projets.
La daba désigne dans plusieurs langues africaines l'outil traditionnel du paysan sahélien. C'est un outil rudimentaire, ancien, produit et consommé dans un cadre d'économie locale.
Ce terme a été choisi car il représente l'image d'authenticité et de travail que nous paraît refléter le peuple burkinabé. C'est celle-ci qui nous a séduits et donné envie de lui proposer un échange et une entraide au-delà d'une simple action ponctuelle.
Il est vrai que cet objet est aussi le signe d'un certain "immobilisme", d'une certaine tradition séculaire. En effet, cet outil est bien plus rudimentaire que la charrue, cependant, même en dehors des considérations financières, le paysan du sahel refuse de changer, dans l'écrasante majorité des cas, de technique agraire, en vertu de la tradition familiale.
Cette daba représente donc un obstacle à une modernité rendue nécessaire, non pas par l'image de productivité du monde "développé", mais par l'importance de la croissance démographique en Afrique.
L'association voudrait pouvoir aider ceux des Africains qui l'ont compris à la faire passer dans la mentalité collective du rang d'instrument de travail à celui de symbole.
Dans un contexte d'économie encore très peu monétarisée et d'analphabétisme quasi total de la population agricole adulte, les familles vendent du grain au fur et à mesure de leurs besoins en produits manufacturés. Ils laissent ainsi le bénéfice du jeu sur l'évolution du cours du grain au cours de l'année aux commerçants intermédiaires. Or, le mois de septembre, qui correspond à la rentrée scolaire, est un moment de l'année où la période de soudure touche à sa fin, et la disponibilité en grain est particulièrement faible. Les paysans qui souhaitent scolariser leurs enfants devraient donc vendre une part importante de leur récolte, à un moment où leurs réserves s'amenuisent ou ont été consommées, pour payer les droits d'inscription et surtout pour acheter le matériel scolaire requis.
SONGDO, une association burkinabé créée par des instituteurs de la province du Loroum, au Nord-Ouest du Burkina Faso, a donc proposé à DABA de l'aider à concevoir et à financer une structure de type "coopérative". En septembre, les agriculteurs volontaires qui scolarisent leurs enfants reçoivent du matériel scolaire. Après la récolte, à partir de novembre, il doivent alors fournir à la coopérative, au moment où la disponibilité en grain est maximale et le cours de celui-ci au plus bas, un volume de grain convenu lors de la remise du matériel scolaire. La coopérative utilise comme base de calcul pour fixer le volume de grain correspondant au matériel scolaire fourni la valeur du grain au moment de l'année où son cours est le plus haut. La coopérative stocke le grain de novembre jusqu'au "printemps" et revend le grain à ce moment là. Ce système permet de doubler le pouvoir d'achat des parents et d'autofinancer le renouvellement autonome du stock de matériel scolaire. Chaque étape est gérée de manière décentralisée au niveau de chaque école, apportant également au projet une dimension de renforcement de la sécurité alimentaire locale.
L'année scolaire 1999-2000 a été une année pilote pour ce dispositif ; 500 enfants du Loroum ont pu en profiter. L'objectif était de tester l'ensemble des phases du dispositif, avant une montée en puissance du projet.
L'évaluation, menée en juillet 2000, a montré l'intérêt des populations pour le projet, mais a aussi mis en lumière le besoin de renforcement des capacités de l'association SONGDO et la nécessité de recadrer et d'intensifier les réseaux d'information autour du projet.
Les années 2000-2001 et 2001-2002 sont donc consacrées à l'augmentation du niveau de compétence des membres de SONGDO et à la mise en place de circuits d'information plus efficaces, tout en commençant à augmenter le volume de matériel scolaire destiné à l'échange.
Par la suite, et jusqu'en 2005, cette croissance d'activité se poursuivra, parallèlement à un transfert progressif des responsabilités de l'association DABA vers l'association SONGDO. L'objectif est de toucher à terme plus de 10 000 enfants répartis dans 56 écoles.
Le Burkina Faso vit actuellement un processus de décentralisation qui devrait aboutir en 2005 à la constitution sur l'ensemble du territoire de communes rurales de plein exercice. Par ailleurs, les programmes financés par les bailleurs de fonds bi- et multilatéraux sont de plus en plus souvent basés sur le principe de la délégation de maîtrise d'ouvrage aux communautés de base, c'est à dire de la déconcentration d'enveloppes financières gérées localement dans une relative autonomie.
Les communautés de base ont besoin de compténces pour pouvoir saisir les opportunités qui s'offrent et vont s'offrir à elles dans ce contexte. Or, ces processus et projets intégrent des volets "renforcements institutionnels" qui semblent trop faibles au vu des enjeux en présence et des déficits de compétences spécifiques à combler.
L'association DABA a soutenu à partir de 1998 un cours d'alphabétisation pour adultes dans un village de la province du Bam, Lefourba. Un travail participatif sur les modalités de l'autonomisation de la prise en charge des frais de fonctionnement de ce cours a permis de concevoir un projet qui consiste à développer dans le village des activités utiles et génératrices de revenus à même de financer les frais de fonctionnement d'activités purement "sociales", comme les cours d'alphabétisation. Ce projet a également comme ambition et comme stratégie de permettre au village d'acquérir, par l'exemple, des compétences en matière de programmation et de conception et gestion de projets, afin de se mettre en situation de saisir les opportunités mentionnées plus haut.
Concrètement, le projet consiste en l'acccompagnement d'une association communautaire villageoise qui définit et manage différentes activités purement sociales (dans un premier temps : alphabétisation pour adultes et appui à la soclarisation des enfants) ainsi que des activités utiles et génératrices de revenus (dans un premier temps : banque de céréales, moulin, "sono"), les bénéfices des secondes permettant de financer les premières. L'ensemble est complété par un dispositif de micro-crédit et par une forte activité de formation des élus de la structure. En plus de l'intérêt propre de chacune des activités, le projet doit permettre aux villageois d'être capables de concevoir et gérer eux-mêmes des micro-réalisations.