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Dernière mise à jour le : 27/06/2008 à 22h07

Amnesty International

 

I) LA NAISSANCE D’AMNESTY INTERNATIONAL

Le contexte international :

Novembre 1960 : John Fitzgerald Kennedy vient d’être élu président aux Etats-Unis à une courte majorité. La "guerre froide" sépare le monde en deux blocs. Berlin est encore, pour quelque mois, une ville sans mur de partage. En Europe, deux dictateurs fascistes sont encore à l’œuvre : Franco en Espagne et Salazar au Portugal. Albert Camus, auteur de l’Etranger et de La Peste, est mort en janvier.

La Dolce Vita, de Federico Fellini reçoit la Palme d’Or à Cannes et la pilule est mise en vente libre aux Etats Unis.

Une « révélation » 

A Londres, Peter Benenson s’engouffre dans le métro, son journal sous le bras. Il a trente-neuf ans et est déjà un avocat connu de la scène londonienne et internationale. Particulièrement sensible aux injustices qui accompagnent les procès politiques, il se déplace depuis dix ans partout dans le monde soit pour assister à ces procès en tant qu’observateur de la Commission Internationale des Juristes, soit pour plaider lui-même. Il a d’ailleurs fondé avec des collègues une petite association, « Justice », qui fait campagne, dans la mesure de ses moyens, pour le respect des droits humains. Sans le savoir, en ouvrant son journal ce matin-là, il met en marche un engrenage dont les rouages tournent aujourd’hui à plein volume.

Sur les feuilles imprimées, le regard de l’avocat est attiré par un entrefilet en provenance de Lisbonne, la capitale portugaise : dans cette ville, soumise, comme tout le Portugal, à la dictature de Salazar, deux étudiants ont été arrêtés et emprisonnés pour avoir porté un toast à la liberté. Indigné, Peter Benenson pense d’abord se rendre à l’ambassade du Portugal pour protester, puis, conscient du peu de poids qu’aurait une telle démarche, imagine une action plus déterminante : faire participer le public, et bombarder le gouvernement portugais de lettres de protestation envoyées par des citoyens anglais.

L’idée fait son chemin et évolue encore…Pourquoi se consacrer à un seul pays ? Pourquoi ne pas lancer une campagne d’un an pour attirer l’attention du public sur le sort des prisonniers politiques et religieux à travers le monde ?

La machine se met en route :

L’avocat contacte ses amis, ses connaissances, et le 28 mai 1961, un article signé Benenson paraît dans l’hebdomadaire anglais, The Observer. Il s’intitule "Les prisonniers oubliés" et est illustré par les photos de six prisonniers originaires de Roumanie, de Tchécoslovaquie, de Hongrie, de Grèce, des Etats-Unis et de l’Angola. Aucun d’eux n’a usé de violence, mais tous sont emprisonnés pour « dissidence » d’opinion. Pour chacun d’entre eux, Benenson lance un « Appel à l’amnistie » et demande à leurs gouvernements respectifs de les relâcher ou de les juger de manière équitable. Il demande aussi aux groupes de sympathisants qui voudraient se réunir pour agir d’adopter trois prisonniers, un étant détenu dans un pays du bloc soviétique, un dans une prison de l’Ouest et le troisième dans le Tiers Monde, afin de préserver l’impartialité du mouvement.

Simultanément, un article parallèle paraît dans le quotidien français Le Monde, suivi par d’autres dans les journaux des principaux pays européens, dont un dans un journal de Barcelone, à la barbe de Franco.

L’article suscite un nombre incroyable de lettres, d’offres de services, d’adhésions...parmi ces premiers sympathisants, une jeune dessinatrice anglaise, Diana Redhouse propose ses services à Benenson, qui lui suggère de créer un emblème, il pense par exemple à une bougie entourée de barbelés. Diana dessine le logo qui n’a pas changé à ce jour et qui illustre le vieux proverbe chinois

"mieux vaut allumer une bougie que maudire l’obscurité".

L’officialisation :

A peine deux mois plus tard se réunissent à Luxembourg ville "les premiers délégués nationaux" du mouvement: ils viennent de France, de Belgique, de Suisse, d’Irlande, des Etats-Unis et bien entendu, de Grande-Bretagne. Ensemble, ils décident de faire de l’Appel en faveur de l’amnistie 1961 un mouvement permanent "pour la défense de la liberté d’opinion et de religion" qui portera le nom Amnesty International.

Et aujourd’hui ?

La guerre froide est finie depuis plus de 10 ans. Les conflits internes sévissent dans toutes les régions du globe. Les Etats Unis pratiquent toujours la peine de mort, la liberté d’expression n’existe toujours pas en Chine….Les fondateurs d’Amnesty ont vieilli ou disparu, le mouvement s’est élargi, bureaucratisé, professionnalisé, ses objectifs ont évolué…

Au milieu de tous ces changements, immuable, toujours aussi forte et aussi vraie, reste la phrase par laquelle Peter Benenson ouvre son article en 1961,

« Ouvrez votre journal, n’importe quel jour de la semaine, et vous trouverez venant de quelque part dans le monde, une dépêche indiquant que quelqu’un a été emprisonné, torturé ou exécuté parce que ses opinions ou ses croyances religieuses ont été jugées inacceptables par son gouvernement. Ils sont plusieurs millions en prison pour cela et leur nombre ne cesse de croître. Devant son journal, le lecteur ressent un sentiment d’écœurement et d’impuissance. Or, si ces sentiments de dégoûts répandus dans le monde entier pouvaient être réunis en vue d’une action commune, quelque chose d’efficace pourrait être réalisé. »

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II) LA VISION ET LA MISSION D’AMNESTY INTERNATIONAL


La vision d’AI est celle d’un monde où toutes les personnes jouissent de tous les droits inscrits dans la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, et dans les grands textes de droit international.

Pour atteindre cette vision, la mission d’AI est de poursuivre des recherches et des actions pour prévenir et mettre fin à toutes les violations graves :

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme contient les droits fondamentaux essentiels à la dignité et au développement de tout être humain. Cela inclut les droits politiques (comme la liberté d’expression, d’opinion et d’association), les droits économiques (droit au travail ou à un standard de vie adéquat), les droits civils (l’égalité devant la loi et droit au mariage), et les droits sociaux et culturels (droit à l’éducation et à la participation à la vie culturelle de la communauté). Il est de la responsabilité de chaque gouvernement dans tous les États du monde, de protéger, respecter et permettre la mise en œuvre de l’ensemble de ces droits sur son territoire. Le but d’Amnesty International est de faire pression sur les gouvernements pour qu’ils acceptent cette responsabilité et prennent les mesures qui s’imposent pour l’assumer.

AI prend pour principe que tous les droits humains sont interdépendants et fait la promotion de tous les droits inscrits dans la Déclaration Universelle. Malheureusement, principalement pour des raisons de ressources humaines et financières, Amnesty ne peut accorder la même attention à toutes les violations de tous droits humains partout dans le monde. Elle concentre donc son travail d’opposition et de lutte contre les violations graves du droit à l’intégrité physique et mentale, de la liberté de conscience et d’expression, et du droit à ne pas être soumis à discrimination. Le mandat, décidé par les membres, fixe les limites du travail d’Amnesty en matière de recherche et d’action.

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III) LES ACTION D’AMNESTY INTERNATIONAL

Historiquement les actions principales d’AI portaient sur :

Au fil du temps, AI a étendu son mandat pour prendre en compte les violations des droits humains commises par les agents non-gouvernementaux (groupes armés…) et les individus (acteurs privés). AI s’oppose ainsi aux violations commises par des groupes politiques armés (lorsqu’ils contrôlent des territoires ou lorsqu’ils combattent les gouvernements), comme la prise d’otages, la torture et les exécutions extra-judiciaires. AI s’oppose aux violations des droits humains commises par toutes les parties contre des civils et des non-combattants en cas de conflits armés.

AI lutte aussi contre les violences commises dans la sphère privée ou dans les communautés, lorsque les gouvernements s’en rendent complices ou ne prennent pas les mesures qui s’imposent pour lutter contre : mutilations génitales féminines, trafic de femmes, violences contre les gays, lesbiennes, transsexuels ou bisexuels.

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IV) LES SITES FRANCOPHONE D’AMNESTY INTERNATIONAL

Le site de la section française d’Amnesty International

Le site de la section belge d’Amnesty International

Le site de la section luxembourgeoise d’Amnesty International

Le site de la section suisse d’Amnesty International

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