Dernière mise à jour le : 27/06/2008 à 22h07
Même les enfants qui se taisent ont quelque chose à dire

La Fondation pour l'Enfance, créée en 1977 par Anne-Aymone Giscard d'Estaing, est un établissement privé, à but non lucratif, reconnu d'utilité publique par décret du 2 décembre 1977 et agréée institution d'intérêt général à caractère humanitaire le 22 avril 1987.
Depuis sa création en 1977, la Fondation pour l'Enfance poursuit un même objectif : améliorer la qualité de la protection de l'enfant, tant en France qu'à l'étranger. Pour cela, elle s'adresse notamment aux professionnels, en proposant des programmes spécifiques pour compléter leur formation et leur permettre de reconnaître les situations de maltraitance, afin de mieux prendre en compte les besoins des victimes.
La Fondation pour l'Enfance protège les enfants les plus vulnérables, accompagne les parents dans leurs rapports avec eux et renforce l'action des professionnels sur le terrain. Elle soutient activement les initiatives innovantes, en particulier les associations oeuvrant dans le domaine de la protection de l'enfance.
La célébration de la Journée Européenne des Droits de l'Enfant, qui commémore l'adoption par l'ONU, le 20 novembre 1989, de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (lire le texte de la Convention), témoigne d'une prise de conscience par l'ensemble de la société de la nécessité de respecter ses enfants. Pourtant, malgré cette unanimité, l'enfance, qui doit être une période privilégiée de la vie, reste synonyme de manque de soins et d'amour, d'exploitation et de maltraitance pour beaucoup d'enfants dans le monde mais aussi malheureusement en France.
Si la médiatisation de certaines affaires a récemment frappé les esprits, l'enfance maltraitée n'est pas un phénomène récent. Dès 1989, les Etats signataires de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant s'entendaient pour accorder une protection spéciale à l'enfant : "Les Etats parties prennent toutes les mesures (...) pour protéger l'enfance contre toute forme de violence, d'atteinte et de brutalités physiques ou mentales, d'abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d'exploitation, y compris la violence sexuelle." (article 18) . Mais il reste beaucoup à faire pour que ces droits se concrétisent dans le quotidien des enfants, où la violence semble persister.
Ainsi, en France, selon les chiffres donnés par l'ODAS (observatoire national de l'action sociale décentralisée), on dénombre encore 83 000 enfants en danger en 2000, parmi lesquels on enregistre 18 300 cas de mauvais traitements avérés :
6600 cas de violences physiques (hématomes, brûlures, fractures...)
5500 cas d'abus sexuels (incestes, viols, attouchements)
4800 cas de négligences lourdes (manque de soin ou de nourriture)
1400 cas de violences psychologiques (humiliations, agressions verbales, dévalorisation systématique...)
Les 65 000 autres sont des enfants en situation de "risque", c'est-à-dire des enfants qui connaissent des conditions d'existence mettant en danger leur santé, leur sécurité, leur moralité, leur éducation ou leur entretien, mais que ne sont pas pour autant maltraités.
1977 Création de la Fondation pour l'Enfance, établissement privé, à but non lucratif, reconnu d'utilité publique par décret du 2 décembre 1977, et agréé institution d'intérêt général à caractère humanitaire le 22 avril 1987.
1978 Premier bilan de l'Enfance maltraitée en France.
1989 Mise en service du 119, numéro gratuit Allô Enfance Maltraitée.
179 589 appels ont été reçus en 2000.
Premier colloque sur " Les avocats pour enfants ".
1991 Première enquête nationale auprès de 82 000 médecins généralistes sur le thème:"Les médecins face à la maltraitance des enfants"
1993 Organisation des Rencontres de Royaumont, premier séminaire de maternologie destiné aux médecins, sages-femmes, puéricultrices.
Ce séminaire a permis la constitution du Groupe Permanent d'Etude en Maternologie (le GPEM) qui étudie les dysfonctionnements dans la relation mère-enfant.
1994 Organisation d'un colloque européen à Paris sur le thème : "L'exclusion en héritage"
Ce colloque a favorisé l'émergence de nouvelles solidarités envers les enfants mises en place par les ONG européennes (distribution alimentaire, développement de logements sociaux, accueil des minorités ethniques en Europe, prise en charge de nourrissons issus de milieux défavorisés).
Organisation d'un congrès sur le thème : "La maternité aujourd'hui : un état des lieux" dans le cadre de l'année internationale de la famille et sous le patronage de l'UNESCO.
Ce congrès a suscité un grand intérêt et a permis de sensibiliser le public à la nécessaire prise en compte de la dimension psychique de la maternité.
1995 Organisation du Sommet International sur les Droits de l'Enfant en collaboration avec l'UNESCO, l'UNICEF, le BICE (Bureau International Catholique de l'Enfance) Plus de 25 Premières Dames ainsi que les représentants de 300 ONG internationales étaient réunies à Paris pour un premier bilan consacré à l'application de la Convention des Droits de l'Enfant dans le monde.
Ce forum a rassemblé 1500 participants dont 137 journalistes et a été suivi par 57 chaînes de télévision. Il a permis la mobilisation d'un groupe permanent d'épouses de Chefs d'Etats pour la mise en application des Droits de l'Enfant dans leurs pays respectifs. Cet engagement s'est traduit par l'organisation de forums régionaux dans chaque continent traitant de thèmes spécifiques à la protection de l'enfance (ex. Burkina Faso en 1997, Colombie en 1998).
Mobilisation de l'ensemble des députés français pour que le 20 novembre soit reconnu Journée Nationale des Droits de l'Enfant.
Opération " Une Fenêtre sur le Monde " en partenariat avec les Editions Pocket et la FNABEH (Fédération Nationale des Associations de Bibliothèques en Etablissements Hospitaliers) pour aider à la création de bibliothèques pour enfants et soutenir les actions innovantes dans les services hospitaliers pour enfants.
1996 Réunion de presse sur le thème " L'enfant dans les conflits armés " en présence de Madame Arafat.
La Fondation a solennellement lancé un appel à la Communauté Internationale pour que soient reconnues comme crimes contre l'humanité les atteintes psychologiques portées aux enfants engagés dans les conflits armés.
Promulgation de la loi instituant le 20 novembre " Journée Nationale des Droits de l'Enfant ", le 9 avril 1996.
Réalisation d'une fresque sur le thème de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, le 20 novembre 1996 sur le Parvis des Droits de l'Homme, place du Trocadéro.
1998 Lancement d'une campagne nationale d'information pour dénoncer le phénomène de l'errance des jeunes en France sur le thème : " Jeunes en errance, mineurs en danger ".
Organisation et participation au deuxième Sommet Régional sur les Droits de l'Enfant : " Violence intrafamiliale et exploitation sexuelle infantile ", Carthagène, Colombie.
1999 Colloque " Le traumatisme psychique, social et sexuel : combattre et réparer ", Hyères.
Conférence internationale sur les disparitions et les enlèvements de mineurs, en collaboration avec INTERPOL, Lyon.
Colloque organisé avec l'Ordre des Avocats ý la Cour de Paris : " Les enlèvements parentaux transfrontières : une violence contre l'enfant ".
Création d'une collection d'ouvrages spécialisés avec les Editions ERES.
Parution d'un annuaire des associations françaises de protection de l'enfance.
Guide pratique à destination des médecins généralistes, afin de mieux prendre en charge les enfants victimes de maltraitance.
2000 • Colloque au Sénat sur le thème : " Le syndrome de Münchausen par procuration : mythes et réalités ".
2001 Deuxième session du premier séminaire technique " La résilience : Concept et Action " et première session du deuxième séminaire technique.
Colloque au Sénat : " La sexualité à l'adolescence ".
2002:
2003 :
Elle a pour mission de susciter, promouvoir, conseiller, aider les actions en faveur des enfants en danger et des familles en difficulté et de contribuer à l'application de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant. (lire le texte de la Convention)
Véritable plate-forme d'échanges, d'expérimentations et de recherche dans le domaine de la protection de l'enfance, la Fondation pour l'Enfance, attentive à l'évolution de la société, cherche en s'entourant d'experts nationaux et internationaux à répondre aux besoins des enfants et des familles. Son Comité Scientifique, qui regroupe des personnalités du monde médical, juridique, psychologique et social, est garant de l'éthique des actions entreprises.
Fondation pour l'Enfance a été partenaire de la Grande Cause Nationale Enfance Maltraitée: "Si tout le monde bouge, ça bougera".
La Fondation a participé aux campagnes officielles mises en place par les pouvoirs publics:
en 1984: "Mon corps, c'est mon corps"
en 1988: "Les abus sexuels à l'égard des enfants, comment en parler?"
en 1997: la Fondation pour l'Enfance a été partenaire de la Grande Cause Nationale Enfance Maltraitée: "Si tout le monde bouge, ça bougera".
La Fondation pour l'Enfance organise chaque année des Prix Média qui distinguent des programmes télévisuels (documentaires, séries pour enfant, fictions). Ces émissions contribuent à améliorer l'information et la sensibilisation du public. Ponctuellement, la Fondation s'emploie à sensibiliser les médias sur des sujets d'actualité (les enfants dans les conflits armés en 1996, les disparitions d'enfants en 1997, l'errance des jeunes en 1998).
La Fondation pour l'Enfance publie chaque année 3 à 4 ouvrages sur des thématiques précises (famille, éducation, santé) aux éditions ERES (voir les dernières publications), des bulletins spécifiques pour différentes catégories de public, une lettre trimestrielle d'information (la lettre d'information)
Le Centre de Documentation de la Fondation pour l'Enfance met un fonds documentaire sur la maltraitance à enfant et la convention des Droits de l'Enfant à la disposition des professionnels de l'enfance, des chercheurs, des étudiants.
La Fondation est un outil fondamental pour améliorer la compréhension et le suivi des situation difficiles vécues par des enfants et leurs familles. L'Unité de formation et de recherche met en place des sessions de formation spécifiques destinées aux différentes catégories de professionnels de l'enfance, afin d'approfondir leurs connaissances et d'améliorer leurs pratiques en matière de protection de l'enfance. Ces modules spécifiques réunissent des groupes pluridisciplinaires et pluri-institutionnels, dans le souci d'améliorer la capacité à travailler en équipe. Des séminaires thématiques, des journées d'étude, des colloques nationaux et internationaux sont proposés tous les ans. Ils sont répartis autour de quatre journées d'études nationales et départementales et un colloque international. La pédagogie interactive (études de cas, travaux de groupe...) centrée sur la personne et son travail au quotidien permet:
Les formateurs sont tous des professionnels de haut niveau, confrontés aux réalités de terrain, qui savent s'adapter aux mutations de leur domaine. Toutes les formations dispensées dans les locaux de la Fondation pour l'Enfance peuvent aussi être réalisées in situ, à la demande. Des interventions et des formations personnalisées peuvent être également organisées à Paris ou en Province. 80 000 professionnels ont été formés en cinq ans (avocats, juristes, policiers, éducateurs, médecins, infirmières, assistantes sociales, etc...)
La prévention des mauvais traitements envers les enfants implique les professionnels de l'enfance et de l'adolescence, le grand public, les associations.
Quelques exemples: