Dernière mise à jour le : 27/06/2008 à 22h07
Pour l'humanisation des prisons en Afrique

L'avancée de la démocratie passe aussi par l'humanisation des prisons. En Afrique, les prisons surpeuplées concentrent, souvent en s'additionnant, tous les maux du continent. La malnutrition, les maladies et la mortalité sont parfois supérieures à celles enregistrées dans les camps de réfugiés. Ajoutées au poids de la détention, elles contribuent à rendre inhumaines les conditions d'incarcération.
PRSF, association laïque et apolitique, a pour mission de contribuer à la consolidation de la démocratie et du respect des Droits de l'homme en Afrique francophone à travers la coopération avec les autorités pénitentiaires et l'encouragement de la société civile à participer activement à l'humanisation des conditions de détention.
La méthode PRSF est basée sur le développement d'équipes de bénévoles locaux, représentants de la société civile, qui, en partenariat avec l'administration pénitentiaire, travaillent à l'humanisation des conditions de détention.
Ces équipes reçoivent un budget mensuel pour répondre aux besoins les plus urgents et participent, une fois par an, à une formation PRSF leur permettant de mettre en place des micro-projets au sein de la prison (activités socio-éducatives, formation professionnelle, santé, réhabilitation des infrastructures...)
En 1980, Agathe Lafleche, enseignante à Abidjan, créée l’Association Nationale d’Aide à l’Enfance en Danger pour s’occuper des gamins de la rue.
Jacques RISACHER s’occupe alors des gamins de la rue qui ont connu la prison et mène une action auprès des mineurs de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA).
En 1982, il poursuit ses actions avec une petite équipe dans le quartier de haute sécurité de la MACA.
En 1995, l'association PRisonniers Sans Frontières (PRSF) est créée afin d'étendre à d’autres prisons ce qui se fait depuis 15 ans à la prison d’Abidjan.
Au Burkina-Faso, l'association nationale PRSF BURKINA est née en 2003.
Des actions concrètes menées par des bénévoles locaux
Les principaux maux dont souffrent les détenus sont :
Pour répondre à ces appels, les équipes terrain PRSF, outre le soutien moral, mettent en place des micro-projets visant à améliorer:
Une expertise solide du secteur pénitentiaire africain
Au Togo, PRSF a réalisé un diagnostic du système pénitentiaire et a établi un programme d'urgence visant à humaniser les conditions de détention, le Programme d'Appui d'Urgence au SEcteur Pénitentiaire (PAUSEP).Ce programme, financé par l'Union Européenne, vise à réhabiliter les structures les plus délabrées, améliorer la santé pénitentiaire, mettre en place des mesures alternatives à la prison pour les mineurs en conflit, former le personnel pénitentiaire. En Côte d'Ivoire, PRSF mène depuis 2004 un programme de prévention et de lutte contre la détention préventive abusive.
Les expertises réalisées par PRSF sont le fait d'impulsions endogènes, impliquant société civile, administration et détenus. Ceci représente une garantie de pérennité des actions initiées.
PRSF intervient dans plus de 70 prisons réparties dans 9 pays d'Afrique
L'objectif de PRSF est de pouvoir répondre à toutes les demandes des détenus, soit avec leurs moyens propres, soit en partenariat. Encore faut-il connaître ces demandes, et ne pas chercher à les découvrir à la place des intéressés.
Depuis l'origine, et jusqu'à maintenant cette écoute a existé et a été faite à l'initiative de chacun des membres de PRSF qui pénètre en prison. PRSF a structuré cette méthode d'écoute et de dialogue qui est destinée aux membres des Equipes Terrain ainsi qu'à tous les intervenants pénitentiaires.
Dans les pays où PRSF intervient, le budget consacré à la ration alimentaire des détenus est de 100 à 200 Francs CFA par personne et par jour.
PRSF a donc mis en place des projets de développement alimentaire qui participent à la lutte contre l'oisiveté des détenus, leur formation professionnelle, l'amélioration dela nourriture et la constitution d'un pécule qui servira aux détenus à leur sortie.
PRSF n'accepte de réaliser un investissement productif que si l'Administration s'engage à mettre en place un comité de gestion présidé par un responsable du Ministère de la Justice ou de l'Intérieur, et qui comprend les membres suivants : la garderie, la société civile, dont PRSF, et les détenus.
Dans les pays où nous intervenons, la situation sanitaire est critique. Au manque de médicaments et de médecins s'ajoute souvent un système d'évacuation des eaux usées déficiant voire inexistant.
L'objectif pour PRSF est de monter un partenariat systématique entre la société civile, les services de Santé Publique et l'Administration Pénitentiaire.
Parrallèlement, l'association tente d'aider l'administration à équiper, au mieux de ses moyens, les établissements pénitentiaires en systèmes d'évacuation des eaux usées.
En Afrique de l'ouest, on estime qu'en moyenne 2/3 des détenus sont en attente de jugement, ce qui est un des facteurs agravant de la surpopulaton carcérale.
L'objectif est de détecter les cas non justifiés de détention, d'en rechercher les causes et de proposer aux autorités des solutions pratiques, si des dysfonctionnements sont constatés.
Depuis 1996, une phase pilote d'assistance juridique est menée au Cameroun avec le concours de deux avocats qui travaillent sur l'analyse des registres d'écrou et le suivi des dossiers dans la filière de la justice : procureurs, juridiction de Première Instance, Cour d'Appel et éventuellement Cour Suprême.
En Côte d'Ivoire, PRSF a été mandatée par l'Union Européenne pour réaliser un programme de prévention et de lutte contre les abus de détention préventive.
L'action de PRSF dans de nombreux pays africains a montré qu'il existe très peu d'actions réelles de réinsertion, surtout à une échelle autre qu'artisanale.
Ceci tient en partie au fait que l'urgence dans les prisons est déjà la survie des détenus
Les Equipes Terrain mènent au quotidien en faveur de la réinsertion des détenus grâce à la mise en place de quelques activités socio-éducatives et ateliers de formation professionnelle.
De plus, PRSF a réalisé deux centres d'accueil sous forme de " sas " où les détenus libérés passent quelque temps pour se réhabituer à la vie en liberté, refaire leurs papiers, établir un bilan de santé, etc à Yopougon (Abidjan) etGrand Bassam en Côte d'Ivoire.
| pays | prison | Date de début d'intervention | activité mené | projet en cours | projet en attente | perspective |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Sénégal | Nombre de prisons concernées : 2 sur 37 Reubeuss à Dakar - 1300 détenus Ziguinchor en Casamance -190 dérenus |
Soutien moral des détenus Accompagnement pour qu'ils développent des aptitudes à la reprise d'un emploi par des activités de remise à niveau ou d'alphabétisation Formation à la menuiserie |
Finaliser la formation de l'équipe terrain de la prison de Reubeuss |
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| Burkina Faso | Nombre de prisons concernées : 10 sur 10 Nombre de détenus concernés : 2139 Ouagadougou - 679 détenus Kaya - 127 détenus Gaoua - 167 détenus Bobo Dioulasso- 384 détenus Dedougou - 170 détenus Koudougou - 128 détenus Ouahigouya - 129 détenus Fada - 104 détenus Tenkodogo - 165 détenus Dori - 86 détenus |
1997 | Dans toutes les prisons
A Ouagadougou
A Dori
A Dedougou
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Mise en place de diverses activités socio-éducatives : ateliers de formation professionnelle, alphabétisation, musique... en partenariat avec l'Union Européenne. | ||
| Côte d'Ivoire | Nombre de prisons concernées : 17 sur 33 en 2002 soit près de 75% des détenus. Nombre de détenus concernés : environ 15.000 détenus (2003) MACAbidjan - 3908 détenus Sassandra - 238 détenus Toumodi - 181 détenus Dimbokro - 343 détenus Camp Pénal de Bouaké - 1594 détenus Prison civile de Bouaké - 317 détenus Khorogho - 267 détenus Boundiali - 53 détenus Man - 354 détenus Gagnoa - 294 détenus Aboisso - 202 détenus Bassam - 202 détenus Daloa - 547 détenus |
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Etude sur la prévention et la lutte contre les abus de détention préventive en République de Côte d'Ivoire en partenariat avec l'Union Européenne. |
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Fédération des équipes en association nationale | |
| Togo | Nombre de prisons concernées : 11 sur 11 |
2001 | Elles ont été induites par le PAUSEP, Programme d'Appui d'Urgence au Secteur Pénitentiaire, préparé par PRSF à la demande du Togo et de l'U.E. Dans le même temps, les équipes terrain ont commencé des actions d'urgence dans leur prison respective et des petits projets ont pu être validés sur nos fonds propres :
Dans le cadre du PAUSEP
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Au niveau inter-prisons
Atakpamé
Aneho
Vogan
Notsé
Sokodé
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Maintenant que PRSF est implantée dans toutes les prisons du Togo, renforcer et former les équipes terrain pour arriver, dans un délai raisonnable, à les ériger en association nationale. |
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| Bénin | Nombre de prisons concernées : 8 sur 8 |
1996 | Cotonou
Kandi
Parakou
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Au niveau inter-prisons
Prison de Kandi
Prison de Parakou
Prison de Ouiddah
Prison de Porto Novo
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Maintenant que PRSF est implanté dans toutes les prisons du Bénin, renforcer et former les équipes terrain afin d'arriver, dans un délai raisonnable, à la création d'une association nationale. | |
| Niger | Nombre de prisons concernées : 12 dont 3 fermes pénitentiaires et un centre de réinsertion de jeunes sur 35 établissements |
2003 |
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Renforcer et former les Equipes Terrain pour accroître leur efficacité, réaliser des micro-projets dans les prisons où elles sont implantées et les associer aux grands projets réalisés par PRSF. Si des moyens complémentaires sont dégagés, envisager l'extension de la présence de PRSF dans les autres prisons du pays. |